Mardi 23 juin 2009
2
23
/06
/2009
15:09
L’ANADEP, une grande enquête par sondage concernant la dépression au sein de la population française globale, vient d’être publiée.
Cette étude avait été commanditée par l’INPES (Institut National de Prévention et d’Education pour la Santé) en 2005, dans le cadre du plan Psychiatrie et Santé Mentale 2005-2008.
L’objectif de cette enquête est d’établir une estimation du nombre d’individus touchés par cette maladie aujourd’hui en France, de déterminer les facteurs socioprofessionnels qui peuvent avoir un
rôle sur son apparition. Ces données permettront également d’adapter les actions de prévention face à cette pathologie.
Le terme de dépression regroupe plusieurs troubles psychiques, dont le plus fréquent est l’EDM (Etat Dépressif Majeur).
Selon les auteurs de cette enquête, l’EDM se définit de façon très précise :
« L’EDM se caractérise par une humeur dépressive (pessimisme et vision négative de l’existence, de soi-même, de l’avenir) ou une perte d’intérêt ou de plaisir généralisée pendant au moins deux
semaines consécutives, et ce pratiquement toute la journée, et presque chaque jour. »
D'après les résultats de l’ANADEP, 18% des personnes interrogées auraient au moins une fois dans leur vie connu un épisode d’EDM, et pour la moitié des épisodes sévères.
Les femmes, et les jeunes :
L’EDM ne touche pas tout le monde de façon équitable. Ainsi, les femmes sont deux fois plus concernées par les épisodes d’EDM que les hommes. Une femme sur 5 connaîtra dans sa vie au moins un
épisode d’EDM (une sur 10 chez les femmes cadres).
L’âge moyen de survenue d’un EDM est situé autour de 30 ans. La fréquence d’apparition des EDM augmente avec l’âge, jusqu’à 65 ans, âge pour lequel la tendance s’inverse.
Des facteurs sociaux variables :
Si avant 25 ans, ce sont les facteurs socioprofessionnels qui semblent jouer un rôle dans l’apparition d’un EDM (chômage, précarité, les facteurs familiaux prennent le devant après cet âge (statut
marital, nombre d’enfants, périodes sans activité professionnelle).
Les recommandations de prise en charge ne sont pas respectées :
Les recommandations d’experts concernant la prise en charge des états dépressifs préconisent, dans le cas des EDM, la prescription d’une psychanalyse en premier lieu. Vient ensuite la prescription
de psychotropes. Or, dans les faits, c’est l’inverse. Ce sont les psychotropes qui sont prescrits en première position, suivis par les suivis psychologiques, et enfin la psychanalyse en bonne
dernière.
Il semble y avoir un manque de communication auprès des médecins généralistes et des patients vis-à-vis de cette prise en charge standard.
Sources :
1. Beck F., Guilbert P., Gautier A. (dir.) Baromètre santé 2005, Attitudes et comportements de santé, INPES, St Denis, 608 p.
2. Chan Chee C., Beck F., Sapinho D., Guilbert P (dir.), La dépression en France – Enquête Anadep 2005, Saint- Denis : INPES, coll. Études santé, 2009, 208 p.
lien :
http://www.inpes.sante.fr/